Le pied diabétique,

ça se surveille.

Ça se soigne aussi.

Le diabète peut affecter silencieusement la sensibilité et la circulation dans les pieds. Une petite plaie inaperçue peut devenir grave. La bonne nouvelle : avec un suivi podologique régulier, on prévient l'essentiel.

Pourquoi le pied diabétique est-il vulnérable ?

Le diabète peut provoquer deux types de complications aux pieds :

La neuropathie

Atteinte des nerfs qui réduit la sensibilité aux pieds. Résultat : une plaie, une ampoule, un frottement passent inaperçus. La douleur – qui est normalement un signal d'alarme – est absente.

Ne jamais attendre.

 En présence du moindre signe inhabituel – rougeur persistante, picotements, petite plaie qui ne guérit pas – consultez rapidement. Chez le patient diabétique, une plaie qui traîne peut évoluer très vite.

L'artériopathie

Atteinte des vaisseaux qui ralentit la cicatrisation. Le sang circule moins bien, l'oxygène et les nutriments n'atteignent pas correctement la plaie. Une blessure mineure peut mettre des semaines à guérir.

Les chiffres à connaître

Environ 120 000 nouveaux cas de plaies du pied diabétique par an en France

Environ 120 000 nouveaux cas de plaies du pied diabétique par an en France

Avec un suivi régulier, la grande majorité des complications est évitable

La gradation du risque – pour un suivi adapté

À chaque consultation, j'évalue votre grade de risque à l'aide notamment du test au monofilament – un petit fil en plastique qui permet de tester la sensibilité du pied. Ce grade détermine le rythme et la prise en charge du suivi.

0

Pas de risque particulier

Pas de neuropathie ni d'artériopathie. Consultation annuelle recommandée.

1

Risque modéré

Neuropathie présente, sans déformation ni artériopathie. Vigilance accrue, surveillance régulière.

2

Risque élevé

Neuropathie + déformation ou artériopathie. 5 séances/an prises en charge par l'Assurance Maladie.

3

Risque très élevé

Antécédent de plaie ou d'amputation. 6 à 8 séances/an prises en charge par l'Assurance Maladie.

Ce que comprend le suivi podologique spécialisé

Soins préventifs

Élimination douce des hyperkératoses et des cors, soins des ongles sans instrument traumatisant, surveillance de l'état de la peau et des appuis à risque.

Soins cicatrisants

Si une plaie est présente : nettoyage, débridement des tissus nécrosés, pansement adapté à la plaie et à son stade d'évolution. La plaie est réévaluée à chaque séance.

Orthèses & chaussage

Semelles de décharge pour soulager les zones à risque, orthoplasties protectrices pour les orteils déformés, conseils de chaussage personnalisés – jamais pieds nus.

Les bons gestes au quotidien

Inspectez vos pieds chaque jour

Utilisez un miroir pour voir la plante. Cherchez rougeurs, gonflements, plaies, zones chaudes.

Pas de coricides ni d’instruments coupants à la maison

Laissez le podologue s'en charger. Ces produits peuvent provoquer des brûlures chimiques ou des plaies.

Lavez et séchez soigneusement

Eau tiède, savon doux, bien sécher entre les orteils. Pas de bain prolongé – ça ramollit la peau.

Ne grattez jamais un durillon ou un cor

Même petit, un saignement peut devenir une porte d'entrée pour l'infection.

Hydratez – sauf entre les orteils

Crème hydratante sur la plante et le dos du pied. Entre les orteils, l'humidité favorise les mycoses.

N'attendez pas qu'une plaie se soigne seule

Consultez rapidement – une cicatrisation spontanée chez le diabétique est un vœu pieux.

Portez toujours des chaussures

Jamais pieds nus, même à la maison. Une chaussure bien adaptée protège des microtraumatismes.

Pas de chaussettes synthétiques serrantes

Optez pour des fibres naturelles (coton, laine) sans élastique trop serré pour préserver la circulation.